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Discours
de politique générale du Président Roger Mahoudeau
Assemblée générale du 13
décembre 2004
Monsieur le Secrétaire général,
Mes chers collègues,
Je tiens tout d’abord à saluer mes collègues
et les féliciter personnellement pour leur
élection. Nos résultats sont très
encourageants et nous pouvons en être fiers.
Ils sont aussi l’expression d’une demande
très forte de la part de nos ressortissants
puisqu’ils illustrent leur confiance
pour l’action menée et celle à venir.
Soyons conscients de l’importance
de ce mandat et veillons à la satisfaction
des ambitions et des attentes que le scrutin du 3
novembre a révélé.
L’installation de notre nouvelle assemblée
s’inscrit dans une actualité difficile.
La concurrence accrue des nouveaux pays, les incertitudes
géo politiques, les faiblesses avérées
de nos économies occidentales sont autant de
points d’inquiétude.
Notre environnement est en complète mutation,
avec le cortège des incidences sociales, économiques
et humaines.
Dans ce concert mondial, notre place et notre rôle
peuvent paraître bien minime voire insignifiant.
Toutefois, pour jouer notre rôle à destination
des entreprises de Touraine, il nous faut avoir conscience
de cet environnement.
Nos axes prioritaires sont de les informer, de les
orienter et de les accompagner dans toutes les démarches
qui conditionnent leur développement et leur
compétitivité. Et cela dès leur
création.
Mais pour être efficace et leur donner les
moyens de lutter, autant que faire se peut à
armes égales, encore faut-il qu’elles
bénéficient de l’environnement
réglementaire, législatif, social et
financier le mieux adapté. Là se situe notre principale mission de relais
vers l’autorité publique de tutelle
pour faire valoir utilement leurs attentes.
Ce rôle de lobby des entreprises, partagé avec nos partenaires des organisations professionnelles
est indispensable.
J’en veux pour preuve le débat actuel
sur les 35 heures. Notre pays semble redécouvrir
une vertu, celle qui atteste que le partage du travail
est une erreur économique. Le travail ne se
partage pas, il se crée. C’est le travail
qui crée la richesse, renforce le pouvoir d’achat,
développe la croissance et favorise l’emploi.
On ne le répètera jamais assez, comme
une évidence… Rappelez-vous, à
ce sujet, l’intervention de M. Hervé
Novelli. La sagesse semble prévaloir, le Gouvernement
apporte à ce dispositif la souplesse nécessaire.
La compétitivité de nos entreprises
passe aussi par les formations supérieures
et scientifiques. Notre école, l’ESCEM
est en passe de devenir l’une des premières
de France. Nos efforts trouvent aujourd’hui
un premier succès, il nous faudra poursuivre
dans cette voie pour faire de Tours l’une des
places fortes de la formation d’excellence en
lien avec les partenariats que nous tissons notamment
avec Sherbrooke.
La recherche dans les entreprises et la quête
permanente de l’innovation en relation étroite
avec les laboratoires est l’autre clé
de notre compétitivité à venir.
Des emplois hautement qualifiés, un environnement
scientifique à forte valeur ajoutée
sont les réponses à la concurrence des
nouveaux pays, Chine en tête, et aux délocalisations.
C’est doté de ces atouts que nous pourrons
utilement investir les nouveaux marchés
et donner à nos entreprises toutes les opportunités
à l’export. Les exemples de
ces dernières années et le développement
de l’activité à l’export
de la Touraine nous encouragent à poursuivre
dans cette voie.
Enfin, sur le plan territorial, le processus de décentralisation
offre aux acteurs politiques locaux les moyens d’engager
de nouvelles initiatives de développement.
Celles-ci ne pourront être conduites valablement
sans nous. Il convient, au-delà des schémas
de développement qui verront le jour, de tenir
compte des besoins réels des entreprises, de
l’équilibre des territoires, des règles
communautaires mais aussi et surtout de l’efficacité
des moyens financiers et des modes d’application
des décisions prises. J’appelle
de mes vœux une simplification administrative
forte dans ce domaine ; mais plus encore une véritable
participation, en terme d’expertise du monde
économique, des chambres de commerce et d’industrie.
C’est grâce à de telles synergies
que nous pourrons utilement dégager les axes
prioritaires de notre développement territorial
et économique. Je pense notamment au débat
actuel sur les pôles de compétitivité
qui sont de nature à façonner les identités
économiques de nos territoires et de révéler
leurs capacités d’innovation.
Plutôt qu’au transfert de compétences
de l’Etat vers les collectivités, c’est
à un partage de compétences qu’il
convient désormais de répondre, associant
l’ensemble des forces vives et des porteurs
d’initiatives. J’y vois là aussi,
outre le souci d’une démarche cohérente
parce que concertée avec les collectivités
locales, l’occasion de réconcilier nos
décideurs avec l’entreprise, dont les
réalités leurs échappent souvent.
Dans ce domaine de l’aménagement
et de la valorisation du territoire nos idées
ne manquent pas. Si les autoroutes pointent enfin
à l’horizon, sans modestie, je peux dire
que nous n’y sommes pas pour rien, d’autres
enjeux se dessinent. Je pense au projet de troisième
gare TGV sur la ligne Paris Bordeaux, l’A10bis
qui avec l’autoroute devient indispensable pour
éviter la traversée de Tours, à
moins que nous voulions faire parler de nous avec
le plus célèbre des bouchons…,
mais aussi à la promotion de notre aéroport
qui révèle année après
année sa capacité à devenir un
véritable équipement structurant. Nous
avons cette année dépassé les
100.000 passagers sur la ligne Tours Londres avec
des effets plus que bénéfiques sur notre
économie locale.
J’ajoute la desserte et la couverture
haut débit de notre territoire, condition
sine qua non de notre attractivité et de la
qualité de nos zones d’activités.
Sans oublier la promotion d’excellence
du Val de Loire que nous engageons de concert
avec les CCI d’Orléans, de Blois, de
Saumur et d’Angers en prenant appui sur le classement
au patrimoine mondial de l’humanité par
l’UNESCO.
Monsieur le Secrétaire général,
nos entreprises prouvent chaque jour leur capacité
à s’adapter. Pour les aider, elles ont
besoin de reconnaissance mais aussi d’une souplesse
égale à la leur. Toute société
a besoin de règles pour fonctionner. C’est
lorsque la règle empêche la société
d’évoluer et de s’adapter qu’il
convient d’en changer. Assouplir les conditions
d’embauche, alléger le code du travail
et libérer les entreprises de contraintes trop
lourdes et préjudiciables à leur compétitivité
sont des nécessités pour aider notre
pays à se moderniser.
Seuls les pays bénéficiant de la gestion
la plus souple réussissent. Toujours moins
d’heures de travail, toujours plus de contraintes
et donc plus d’impôts. On n’a pourtant
pas trouvé d’autre moyen que le travail
pour créer de la richesse. La France campe
sur ses positions. Serions les seuls à avoir
raison ?
C’est dans cet esprit que j’ai engagé
une réflexion sur l’économie de
la Touraine qui débouchera avec l’apport
de ses 38 membres et des personnalités qualifiées
sur un véritable projet économique pour
les cinq ans à venir. Enquête téléphonique,
interview de personnalités et séminaire
de réflexion sont déjà engagés
et trouveront leurs conclusions en juin 2005. Nous
espérons que ce travail issu de notre réflexion
devienne le livre de chevet de tous nos élus
et partenaires et qu’il devienne leur feuille
de route.
Notre assemblée est porteuse de grandes ambitions
pour la Touraine et pour son économie. Elle
a en charge les intérêts de toutes les
entreprises, petites et grandes. Elle est à ce titre un acteur de premier ordre de la vie publique
et pour cela elle fera entendre sa voix et porter
ses arguments.
Je vous remercie.
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