Le Grand Salon ou Salle d'Honneur

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La Salle d’Honneur, appelée de nos jours Grand Salon est précédée d’une antichambre, connue sous le nom de Petit Salon. Elle a reçu, elle aussi, la décoration, qu’on lui connaît de nos jours, à la fin du XIXème siècle. Celle-ci dénote un effort manifeste d’adaptation au style du milieu du XVIIIème siècle.
 


Les réhabilitations réalisées, avaient en effet été limitées depuis la Restauration à des travaux d’entretien ou de réfection. Il convient cependant de reconnaître ici le royal cadeau, dont avait bénéficié la Chambre pour orner sa Salle d’honneur. Pour remercier sa Majesté d’avoir autorisé la cession de l’édifice, la Chambre s’était fait offrir un immense portrait, en pied, du roi Louis XVIII, venu remplacer celui de son ancêtre Louis XV, détruit pendant la Révolution, et qui trônait dans la grande Salle d’honneur.. Ce cadeau, fait par le monarque, peu avant sa mort en septembre 1824, elle le devait à l’intercession de sa redoutable nièce, la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, qui avait de bonnes relations avec certains membres de la Chambre. L’œuvre imposante est une très bonne copie du portrait officiel, réalisée par Constance Blanchard, une élève du baron Gérard, peintre des empereurs, des princes et des rois.

Le 3 mai 1825, jour anniversaire de la Restauration, on inaugure solennellement la mise en place du grand portrait, qui demeura dans le Grand Salon jusqu’en 1881, quelques années après le retour de la République, qui crut devoir le reléguer dans le grand escalier menant au Salon, là où il n’en est que mieux en vue…
En 1826, un parquet vint remplacer les carreaux blancs usés de la Salle et de son antichambre.

En 1827 la Chambre fait l’acquisition, sans qu’on sache bien dans quelles conditions, d’un bel ensemble Louis XVI de 24 pièces de mobilier, comprenant canapé, bergères, fauteuils, chaises et un écran, estampillés de Chevigny, en provenance du château de Chanteloup, et ayant appartenu au duc de Choiseul. Un ensemble analogue et du même ébéniste peut être vu au château de Modave, près de Liège, en Belgique. Comme il était d’un entretien coûteux, la Chambre chercha dès 1871 à le revendre. Elle dut attendre 1895 pour y être autorisée, et en retirer un bon prix d’un particulier parisien. On l’aurait même dit en partance pour les Etats-Unis. Ce que l’on sait mieux c’est qu’une partie de ce mobilier est passée en vente à Monaco en 1988. La vente de 1896 permit l’achat d’un mobilier neuf, copie sans grand intérêt. La vente permit surtout de financer l’acquisition déjà faite pour le salon, de tentures de soie fabriquées à Tours par la manufacture des Trois Tours.

On pense que le Grand et le Petit salon n’ont reçu leur habillage de boiseries et lambris qu’à la fin du XIXème siècle, sans doute quelques temps avant la Salle d’audience, ainsi que le suggèrent des photographies de fin 1895, lors de la vente du mobilier. Les boiseries étaient, comme pour l’escalier et le vestibule le desservant, peintes en brun rouge ; les teintes vert turquoise clair, que l’on voit aujourd’hui, leur ont été données lors des restaurations d’après-guerre, assorties à celles des peintures murales.

La décoration picturale des panneaux date de 1898. Elle fut confiée à un jeune artiste tourangeau, Georges Souillet, qui réalisa huit grands panneaux représentant les activités dominantes de la Touraine au XVIIIème siècle : la soierie, la tannerie, l’imprimerie, l’arboriculture, la viticulture, le commerce de Loire. Ils se complètent de quatre petits panneaux décorés d’arabesques Watteau figurant les villes de Tours, Loches, Amboise et Chinon.

Une pendule est venue prendre modestement la place du portrait royal au-dessus de la cheminée, complètement refaite dans le style de la maison. On mit à sa place à la fin des travaux un magnifique cartel d’époque Louis XV, œuvre d’un horloger tourangeau. De très grands lustres de la même époque éclairent le salon, mais leurs origines ne sont pas connues. Le Petit Salon, décoré dans le même style, sans les panneaux peints a reçu les appliques XVIIIème classées, précédemment dans la grande salle. C’est ici que la Chambre avait installé les guichets de la Caisse d’Epargne créée en 1833 à Tours à son initiative, et ouverts le dimanche, jusque 1866, date à laquelle un nouveau bâtiment accueillera le public, boulevard Béranger.